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Greenwashing Sézane et les autres… le KULO des marques !

J’ai déjà abordé ma déconvenue avec Sézane sur Instagram. Mais là, le ras le bol avec ce genre de marques est tel, que j’ai eu envie de faire cette vidéo sur le problème du greenwashing et des « déceptions sur l’étiquette ».

Lorsque j’ai un besoin clairement identifié et que je décide de passer à l’achat, je me confronte à pas mal d’obstacles et difficultés extérieures, provenant de l’offre supposée « éthique »… Je souhaite que les recherches que je fais, les tests, les réponses que j’obtiens à mes questions soient profitables à toutes. Mon souhait ici est toujours de te faciliter la vie et de te faire gagner du temps. Je perds des heures à trouver ce qu’il y a de mieux sur le marché, parce que j’aime faire les bons choix pour moi, mais aussi pour partager le meilleur ici. Donc si je peux te faire gagner du temps et t’éviter des erreurs d’achat, j’en suis ravie !

Le greenwashing c’est le fait pour une marque :

  • de crier haut et fort ses valeurs, ses engagements pour l’écologie, pour une mode responsable, respectueuse des hommes et de l’environnement
  • et de l’autre côté, de ne pas réaliser dans les faits, tous les engagements qu’elle prône, c’est à dire produire des vêtements qui ne sont pas à la hauteur des valeurs qu’elle clame.

Pour comprendre le greenwashing plus en détails et le déceler rapidement, je t’invite à lire cet article très complet de The Good Goods « Comment savoir si c’est du greenwashing ».

étiquette greenwashing

En ce moment, beaucoup de marques s’en donnent à coeur joie avec des slogans, des super phrases d’accroche, pleins d’astuces marketing pour attirer notre attention. Et ils font comme s’ils étaient à fond dedans !

Ils n’ont pas compris nos attentes – ce n’est pas qu’ils soient des Wonder-marques, des Wonder-producteurs parfaitement clean et écolo à 100% – on ne leur demande pas ça. On sait bien que l’industrie textile est complexe et qu’il faudra du temps pour que tout se mette en place. On leur demande simplement de ne pas nous prendre pour des imbéciles.

Ce qui n’est plus possible, c’est d’afficher des grandes punchlines les mettant sur un piédestal, comme s’ils assuraient au max, comme s’ils étaient au top de l’éco-responsabilité, voire des héros de la mode alors que les produits ne sont pas à la hauteur de ce discours héroïque !

Il vaut mieux que la marque ait un discours plus modéré, rationnel, authentique, sincère et transparent. On préfère que les marques disent sincèrement quelles sont leurs difficultés et pourquoi elles ont du mal à progresser sur tel ou tel aspect plutôt qu’elles fassent croire qu’elles sont irréprochables alors qu’elles ne le sont pas.

En tant que consommateur on veut juste savoir clairement ce qu’il en est et ce qu’on achète. Je suis agacée car je me suis faite avoir et qu’on est nombreuses à se faire piéger. Je me dis que ce n’est pas possible d’en arriver à devoir être une détective, à devoir tout vérifier systématiquement parce qu’en fait on nous raconte des cracks de tous les côtés.

En ce moment, je n’arrête pas de questionner les marques pour comprendre ce qu’elles proposent et le pourquoi du comment des matières qu’elles utilisent. Et on dirait que ça les emmerde profondément…

Ce n’est pas pour critiquer les marques et les mettre en difficulté, c’est pour nous : pour arrêter d’acheter des choses en se trompant, pour cesser de faire erreur sur la marchandise.

Je me suis faite avoir quelques fois par une communication très efficace de certaines marques, j’ai fait confiance, j’y ai cru. Et quand j’ai reçu le produit, j’ai eu une réelle déception.

Je veux parler ici du problème de l’incohérence entre ce qui est affiché sur le site internet et ce qui est affiché sur les étiquettes.

C’est vrai qu’on a été biberonnés à la fast fashion, une mode jetable depuis 30-40 ans. On a donc jamais fait attention aux étiquettes. On coupait l’étiquette avant même d’avoir regardé ce qu’elle indiquait, on ne se posait pas la question de la composition du vêtement. On s’en foutait complètement. On n’avait pas ce réflexe de regarder les étiquettes.

Aujourd’hui, checker l’étiquette et la garder, devient important car c’est un gage de ce que la marque offre comme produit (qualité/matières/lieu de fabrication…) et une preuve du respect de ses engagements. Ensuite, pour la 2ème vie du vêtement, pour son futur recyclage ou circulation en seconde main, c’est une information essentielle pour les repreneurs(ses).

Ma déconvenue avec la marque Sézane

Je vais partager ici un exemple personnel de greenwashing avec « déception sur l’étiquette ».

En novembre dernier, j’ai commandé en ligne un pantalon chez Sézane. Je n’avais jamais commandé chez eux. D’habitude je boycotte ce genre de marques car elles produisent beaucoup trop de quantités, trop de collections, elles incitent à la consommation avec une publicité et un marketing de folie qui viennent vraiment nous faire craquer systématiquement. C’est une catastrophe en termes de surconsommation, ce sont des machines à consommer.

Alors oui, il y a un talent incroyable sur le plan de l’esthétisme, de coupe, il y a le goût du beau. Tout à l’air très bien réalisé, il y a un vrai talent pour pressentir les tendances et ce dont les femmes ont envie.

J’ai toujours résisté à ces tentations, je résiste toujours… Mais cette fois-là, j’ai craqué. J’avais vraiment besoin de la couleur parme (j’en ai pas du tout dans ma penderie). Et c’est le seul pantalon de cette couleur que j’ai pu trouver et il avait l’air très beau, il faut bien l’avouer. Je suis donc tombée sur ce pantalon Cézar et j’ai été faible ahaha. Personne n’est parfait… En slow fashion, on est pas non plus à l’abri d’une « rechute » ou d’un craquage de temps en temps, et c’est ok.  Il faut savoir ne pas s’auto-flageller et ne pas se culpabiliser. On fait au mieux, dans l’imperfection, tout comme les marques.

Alors je me suis dit, peut être que je peux limiter la casse (déjà que je ne suis pas fière de commander chez Sézane…), je vais donc voir la composition du vêtement…

Et je vois sur la fiche produit un pictogramme indiquant « matière recyclée ». J’avoue que le fait de n’avoir pas plus de précisions à ce niveau, cela m’a mis le doute et j’ai donc eu envie de tester et d’en avoir le coeur net. Et je me suis dit « on peut quand même pas écrire un truc comme ça si c’est pas vrai, je vois pas pourquoi ce serait pas le cas ».

sézane greenwashing

Et coup de théâtre… Mais quelque part je m’y attendais un peu, même si je ne voulais pas y croire… Le colis arrive à la maison et je regarde l’étiquette directement. L’étiquette du pantalon indique : polyester, laine, élasthane, mais en aucun cas n’apparaît la mention d’une composante recyclée.

Je reste bloquée dessus avec la colère montante… « ils m’ont pris pour une imbécile !! ». Non mais quel kulo !! Le kulo sur l’étiquette qui veut dire indirectement : « ça va ça va, y’a pas de matière recyclée, oui on t’a menti mais on va pas en faire tout un plat ». J’ai envie de dire : bien sûr qu’on va en faire un plat, parce que tu me prends pour une buse ! Et ça, c’est pas cool… Pourquoi dire que le produit est en matière recyclée alors que ce n’est pas le cas !

Le kulo de Sézane de m’envoyer un pantalon, de faire déplacer un transporteur et de polluer avec un trajet supplémentaire pour générer une déception à la réception du produit.

Cela ne se serait pas produit si j’avais été en boutique physique. Car si j’avais été à la boutique Sézane à Paris (je n’habite plus dans cette ville donc je ne pouvais pas m’y rendre), j’aurais vu le lézard et j’aurais demandé directement des explications à la vendeuse. J’aurais pesté et laissé tomber l’achat ou bien j’aurais quand même craqué, mais en connaissance de cause !

Il devrait y avoir une loi qui oblige les marques à intégrer une photo de l’étiquette dans la galerie photos de la fiche produit ! Franchement ce serait top, au moins on saurait où on met les pieds avant de passer commande.

Un autre exemple concret avec la marque Parisienne Et alors de Laury Thillman

En effet, Sézane n’est pas la seule marque à faire ce genre de greenwashing. Il y en a plein d’autres.

Il y a quelques jours par exemple, je regardais la publication de la blogueuse Iznowgood au sujet de la marque Parisienne Et alors de Laury Thilleman. Et alors là, c’est pareil, le kulo est extrêmement agaçant !

Ce que je reproche à cette marque-là, c’est d’avoir un discours green ostentatoire, voir héroïque, alors que dans les faits, les produits fournis ne sont pas à la hauteur. Si elle ne faisait pas tout ce tapage green, il n’y aurait aucun souci. C’est le décalage et l’incohérence qui posent problème.

Quand on arrive sur Google, l’annonce publicitaire affiche « marque organique et éthique »… Non mais rien que ça !! « organique » !! Comme si c’était LA marque éco-responsable de folie, super clean, avec tout bio, tout organique.

marques parisienne et sézane abus

Sauf qu’en regardant les produits, on observe :

  • qu’il n’y a pas de matière bio, même s’il y a des matières certifiées Oeko tex (mais en Europe aujourd’hui la plupart des matières ont cette certif de non toxicité)
  • qu’il y a des informations erronées sur certaines matières laissant croire à du naturel écologique alors que ça ne l’est pas : la phrase « 100% viscose naturelle » sur la fiche produit de la robe ci-dessous, est un problème. Non seulement l’information n’est pas correcte mais en plus ça génère une confusion dans l’esprit du consommateur qui croit acheter quelque chose d’écologique.

greenwashing marque parisienne et alors

Alors, je me fous que la marque se vexe, c’est un fait ! Pourquoi afficher un discours green héroïque avec une grande banderole verte qui défile sur le site en gros « MODE RESPONSABLE » quand on a le kulo de ne pas être transparent sur la définition de la viscose !!!!

Les viscoses qui sont considérées comme plus écologiques sont notamment : le modal, le Tencel, le Refibra… En dehors de ces appellations, la viscose n’est jamais une matière naturelle (elle est conçue chimiquement à partir de pulpe de bois). C’est une matière chimique non écologique.

Comment peut-on avoir le kulo d’écrire ce genre de phrase ambiguë pour tromper le consommateur et lui donner bonne conscience ?? Si ça, ce n’est pas du greenwashing alors comment appeler ça : publicité mensongère ??

Et cette banderole verte ostentatoire qui défile en clamant la mode responsable alors qu’on te propose juste au-dessus des soldes à -50% !! Non mais s’il vous plait… On n’est pas des buses… À ce niveau de promotion, il y a de quoi s’indigner de voir des étendards verts imposants dans la communication.

greenwashing mode parisienne et alors

Les réactions « non éthiques » comme l’indifférence de Sézane

Je pense que la réaction des marques, que ce soit en réponse aux mails, aux commentaires ou stories sur les réseaux sociaux, est très révélatrice de leurs valeurs et de leurs engagements.

Une marque qui s’en fout royalement de nos questionnements, qui les ignore, qui ne répond pas ou qui s’offusque quand on pointe un problème, c’est le signe qu’elle ne travaille pas vraiment selon les valeurs qu’elle prône.

Par exemple, quand j’ai partagé la story au sujet de cette déconvenue Sézane, la marque a vu ma story mais elle n’a absolument pas réagi, l’indifférence totale. Avec le nombre de clientes fans de la marque, Sézane ne semble n’avoir que faire de devoir se justifier auprès des quelques-unes qui pointent leurs incohérences…

J’aurais apprécié que Sézane me donne des explications, s’il s’agissait d’une simple erreur d’affichage ou autre, et qu’elle s’excuse pour cette déconvenue. Mais non, rien du tout. Cela montre que la « relation cliente » n’est pas du tout quelque chose d’important. Et encore une fois, c’est assez incohérent pour une marque qui se dit faire des efforts d’un point de vue éthique…

Autre exemple avec la 2ème marque citée : Laury Thilleman s’est offusquée des faits objectifs relevés par la blogueuse Iznowgood. Je suis choquée qu’elle ait eu le kulo de lui demander de rectifier et/ou compléter son discours en story…(j’ai vu cette story). Non mais, est ce qu’on demande aux journalistes de revoir leur copie ? Non ! Depuis quand doit-on consulter ou « répéter » les explications d’une marque avant de donner notre avis ? On est justement là pour donner notre avis le plus objectivement possible sans avoir été « appâtées » par la marque.

Ce serait bien de respecter le travail des blogueuses de mode éthique qui – si elles ont justement une éthique elles-mêmes – ne changeront pas de discours pour se mettre dans la poche une marque et/ou personne influente.

***

Pour conclure, je pense que ce que tout consommateur demande c’est avant tout de voir une cohérence entre ce que la marque affiche sur son site et ce qu’il lit sur l’étiquette. Il demande aussi une service après-vente – respectueux et donc éthique – qui donne des explications quand il se retrouve face à un problème. Aujourd’hui on veut simplement savoir ce qu’on porte et voir que la marque est transparente à ce sujet. Et ce qu’on ne veut plus, c’est être manipulés et être pris pour des ânes…

Si de ton côté, tu as le moindre doute sur une marque, dis-moi en commentaire afin que j’aille jeter un oeil et surtout, n’hésite pas à interroger la marque, écris-lui un mail pour savoir. Car tu as le droit de savoir ! C’est un droit et la marque est dans l’obligation de répondre.

Qui a déjà vécu ce genre d’expérience décevante avec une marque kulotée ? Cela m’intéresse de lire chacune, car je pense que je ne dois pas être la seule à en avoir marre de ce greenwashing.

 

 

 

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Tya
Tya
5 mois il y a

Experience vécue avec Sezane justement….
Première commande dune petite robe pour laquelle, à l’époque, je n’avais même pas pu lire la composition.

Énorme déception à la réception du colis: une robe standard en polyamide. C’était bof et très cher.
Bref, retour à l’envoyeur.
Je n’ai plus jamais commandé chez eux malgré les publicités alléchantes.

Trop peur de me faire avoir à nouveau.

Helen
Helen
5 mois il y a

Oh oui j’en ai assez de ce greenwashing, dernièrement Promod lance sa chemise blanche ‘promod for good’ naturelle blablabla… Et que vois je dans la compo? En effet en lyocell mais la marque oublie clairement les 17% de polyester… Sérieux quand j’ai vu ça !!! J’ai fait une story à ce sujet, bien évidemment la marque ne m’a pas répondu… Plus récemment, promod encore propose a la vente des sacs de guppy free (les sacs de lavage pour éviter aux vêtements de rejeter des micro plastique). Alors la c’est la cerise sur le gâteau !!! Comment faire culpaliser les consommateurs ?? Surtout qu’en plus la marque propose encore des vêtements composé avec des matières synthétiques… Non sens absolu on marche sur la tête !

Véronique
Véronique
5 mois il y a

Je m’interroge sur la marque Mister K.Merci pour tes articles qui m’en apprennent beaucoup !

Romane
Romane
6 mois il y a

Merci Loren pour ton article engagé c’est tellement rare sur la toile que ça mérite d’être souligné. J’ai découvert il y a peu un reportage télé au sujet de l’application Clear Fashion qui propose justement des informations quant à la constitution et la provenance des matières utilisées pour concevoir un vêtement. Tout ne semble pas parfait, mais à l’image de l’application Yuka, la mode commence à s’y mettre de + en +
Quand est ce que tu nous proposes un sujet sur les sites/applis qui peuvent mieux nous informer sur les vêtements que nous achetons pour mieux consommer ?

Publié par Loren

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