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Le minimalisme ou le futur de la mode ?

 

Il se pourrait que le minimalisme devienne la réponse la plus pertinente pour concilier style et protection de l’environnement. En effet, les enjeux écologiques et sociétaux actuels questionnent la mode sur tous les plans.

Dans son manifeste Anti_Fashion (2015), la gourou de la mode et des futures tendances Li Edelkoort évoque la fin de la mode, telle qu’on la définit aujourd’hui.

Mais de quel minimalisme parle-t-on ? Etre minimal signifie-t-il s’habiller de façon basique, conventionnelle et ennuyeuse ? Rejeter toute créativité au profit d’une ‘sobriété heureuse’ ?

Pas forcément et même au contraire. Car c’est bien la course à la rentabilité qui tue la créativité (et la planète par la même occasion). Pour preuve, toutes les collections se ressemblent aujourd’hui. La mode est mondialisée et standardisée. Le minimalisme du futur consisterait donc à aller à l’encontre de cette standardisation pour revenir aux seuls besoins personnels de chacun, aux créativités individuelles et à tout l’éclat de la simplicité.

Il va devenir plus important que jamais de comprendre et de savoir dompter sa propre identité visuelle car mieux on se connait et moins on se fait piéger par les tentations de suivre la consommation de masse. Sur cet aspect, ma masterclass 2 de l’école du style en ligne, vous permettra de découvrir votre style personnel en fonction de votre personnalité ainsi que les techniques simples pour créer des looks qui vous ressemblent de l’intérieur vers l’extérieur.

Jean Touitou, l’un des précurseurs du minimalisme

Certains l’appellent le philosophe de la mode. Il est le fondateur de la marque française apc réputée pour son élégance, sa pureté, sa précision. Un personnage révolté, ancien militant trotskiste, qui exècre les conventions… Dès ses débuts dans la mode, il s’est inscrit à contre-courant en ne suivant pas les tendances et en refusant de défiler aux fashion weeks.

Il refuse d’appeler ses vêtements des « basiques » car le minimalisme demande selon lui un maximum d’efforts. « Je l’ai vu parfois souffrir terriblement dans la mise au point de certaines pièces, témoigne Loïc Prigent, car il est exigeant sur tout, les proportions, le tissu, la fabrication. Il me fait penser à un céramiste japonais qui peut passer des nuits sur son bol pour atteindre la simplicité absolue. » Jean Touitou ajoute lui même : « Arriver à se faire remarquer en donnant l’impression de ne rien faire, c’est beaucoup plus dur que de faire de belles robes fluides. » Les coupes sont impeccables, les matières nobles, et l’ensemble austère, « hystériquement normal », comme il aime à le dire.

Il n’a jamais supporté la vulgarité de la mode. Le fait que sous prétexte d’être créatif, on n’habille pas bien les gens. Et c’est bien vrai, il ne faut pas  confondre créativité et vulgarité. Selon lui, il y a un vrai culte de la vulgarité qui ne s’est pas arrangé et qui a été renforcé par la culture de la célébrité et la télé-réalité. « Je trouve que le designer a une responsabilité. Il ne devrait pas participer à produire de la vulgarité. Comme l’humanité a déjà tendance à aller dans ce sens, ce n’est pas la peine de l’alimenter. Il faudrait plutôt tenter de corriger la pente, il me semble. »

Ainsi, le minimalisme selon Touitou, ce n’est pas de fournir des uniformes simples pour déconsidérer l’utilité du vêtement mais au contraire, d’offrir le plus beau de l’essentiel pour ne pas étouffer la personnalité de chacun (e). Voici quelques unes de ses citations illustrant son amour pour l’habit :

  • « Je trouve cela essentiel de se sentir bien habillé, même quand on est loin de tout. Nous n’avons jamais vu Samuel Beckett en jogging pourrave. Etre bien attifé, c’est un antidépresseur naturel, on se sent tout de suite plus intelligent. »
  • « on ne prend pas le pouvoir en guenilles ».

Le minimalisme ou la mode du futur selon d’autres créateurs :

OLIVIER THEYSKENS *

« L’accélération du rythme de la mode génère une réflexion autour des enjeux écologiques. On réévalue l’accès à la mode et ça rend la période très intéressante. Le secteur n’a pas évolué de manière aussi forte depuis les années 60. Les années 2000 somnolaient un peu et maintenant, on assiste à la naissance d’une nouvelle ère. Les maisons qui produisent en conscience, en privilégiant la qualité, se démarquent. Je constate aussi que la couture connaît un nouvel élan, que je n’avais pas anticipé, grâce à un public qui aime l’art et les belles choses. Cette énergie neuve se tourne vers l’artisanat haut de gamme, c’est bon signe pour l’avenir. »

LUTZ HUELLE*

« Les gens pensent aujourd’hui que le prix de la fast-fashion, c’est le prix normal. Mais la mode, ce n’est pas seulement assembler des pièces de tissu. C’est une réflexion, une coupe, l’expérience de savoir comment les matières vont bouger et tomber. C’est un processus holistique. Et quand un vêtement est très peu cher, on oublie tout ça. Parallèlement, et c’est un bon signe, on assiste à une autre démocratisation : celle des identités dans la mode. (…) Les gens ne veulent plus qu’on leur impose des diktats, ils sont prêts à changer, à adopter une mode différente. C’est le début d’une nouvelle ère. »

FAÇON JACMIN*

« Le futur de la mode, c’est la non-mode »

« Nous voyons un retour à l’essentiel, au vêtement, à une mode sans mode, dans l’intemporalité. Le public retrouve la conscience de l’importance de s’offrir une pièce de qualité qu’on gardera “ toute une vie ”. De plus en plus de créateurs prennent l’écologie en compte, tant au niveau de la confection que de la stratégie. On sent que les clientes sont de plus en plus sensibles à ce qu’elles achètent. Le futur de la mode, c’est moins de fast-fashion, le décloisonnement des disciplines, des formes d’art qui se mélangent. »

CÉDRIC CHARLIER*

 » Nous vivons dans un monde digital, alors j’aime privilégier l’humain en utilisant des matières nobles alors que seule l’image compte à notre époque. Et dans cette démarche, je me sens libre. »
*Extraits d’interviews issus du magazine Elle (28 février 2018, par Elisabeth Clauss)

PRADA et le Minimalisme à l’honneur pour la collection printemps été 2020

« C’est une collection sur le pouvoir qu’exercent les femmes sur leurs vêtements, et le style sur la mode. L’accent est mis sur la manière de porter le vêtement et sur la personnalité des femmes, le tout offrant une nouvelle pluralité. » A l’heure où les nouvelles générations se questionnent sur l’avenir de la planète et remettent en cause l’intérêt même de la mode, Prada surprend et répond: il y trop de tout! Trop de vêtements, trop de tendances — l’idée: un retour à l’essentiel. Et le look d’ouverture porté par Freja Beha dit tout de la tendance à venir: la mode Prada se veut désormais éblouissante dans les matières et la simplicité, laissant la femme qui la porte briller par son allure. Naturellement. (Source : Icon-Icon.com).


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♣ En bref, la mode du futur irait vers une mode plus personnelle, propre à chaque individu. Ma masterclass 2 « comment trouver votre style et vous affirmer en tant que femme », vous aidera justement à incarner et construire votre propre style unique, pour optimiser votre penderie dans un sens plus minimaliste, pratique, responsable.

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Bienvenu
7 mois il y a

A l’opposé de la tendance de ces dernières années au maximalisme chez Gucci ou Versace 😉

Loren

Publié par Loren

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