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ITW : dans la valise d’Alexandra Hawrylyszyn, avocate en droit pénal

Je vous propose un nouvel épisode de notre web-série de l’été « Dans la valise de… » et cette fois je suis accueillie par la charismatique et passionnante Alexandra, avocate en droit pénal… Quand bien même il y a des codes vestimentaires dans ce secteur d’activité, vous verrez qu’Alexandra ne se prive pas d’exprimer son identité à travers son style. Et c’est aussi ce qui fait que c’est une figure du monde juridique parisien que l’on n’oublie pas !  C’est tout le pouvoir du personal branding…

L : As-tu toujours été avocate ?

A : Heureusement non…(rires) j’ai eu une enfance professionnelle puisque j’étais danseuse. Et puis après il a fallu faire un choix. Intégrer le corps de ballet ou continuer mes études… Comme j’étais une danseuse « relativement » douée, j’ai préféré opter pour le fait de faire des études. Et comme je ne savais pas quoi faire, j’ai fait des études de droit comme beaucoup de gens… (rires)

L : Et est ce que c’est devenu une passion ?

A : Oui c’est devenu une passion mais mes premiers mois en tant qu’avocat ont été très très durs… Initialement, j’ai suivi une formation en droit des affaires et plus particulièrement en droit immobilier. Quand j’ai prêté serment j’ai été embauchée dans un cabinet en droit de la construction et là ça a été le drame… Toutes ces années d’études… pour quoi ? pour ça… c’était un calvaire. Ma seule conviction à ce moment là était la suivante : « je veux changer de métier ». J’ai donc démissionné et j’ai trouvé une place dans un cabinet pénaliste. Et là, ça a été la révélation, j’avais trouvé ma voie.

L : Est ce que tu participes un peu aux enquêtes, comment ça se passe ?

A : Nous ne sommes pas dans un système à l’américaine mais quand même, il est vrai que j’ai des dossiers d’instruction pour des affaires d’homicide dans lesquels je collabore pleinement avec le juge d’instruction pour lui soumettre des idées d’actes, d’auditions, d’écoutes et là on a effectivement une part très active dans les enquêtes.

L : Donc derrière un métier que l’on pourrait imaginer de façon un peu cliché comme « inhumain » parce qu’on défend des gens coupables, est ce qu’il n’y a pas de l’humanité derrière ?

A : Il n’y a que de l’humain. Qu’on défende un prévenu ou une victime partie civile, on est toujours dans l’humain.  C’est vrai que je travaille beaucoup plus du côté prévenu, c’est à dire du côté des « méchants ». Mais tous les méchants ont une vraie histoire et ils ont une famille. Les familles n’y sont pour rien et elles sont en souffrance. Quoi qu’il en soit il y a un accompagnement humain qui est assez lourd.

L : Tu es assez spécialisée dans les affaires de trafic de drogue, de prostitution… donc un milieu assez violent. Comment fais-tu pour ne pas être trop touchée émotionnellement par toutes ces histoires sombres ?

A : Cela fait quand même 17 ans que je fais ce métier donc je suis un peu « immunisée » face à tout ça. Un trafiquant de drogue, je ne le vois pas comme un être violent mais comme un business man illégal… De même pour les proxénètes. Quand on choisit ce domaine d’activité, on le sait… on s’expose à une certaine violence. Quand ces personnes ont un litige, elles ne vont pas déposer plainte à la police. Elles règlent leurs affaires entre elles. Justement, en vivant toutes ces choses un peu extrêmes par l’intermédiaire de mes clients, j’apprécie d’autant plus le fait d’avoir une soirée calme, sereine devant ma télé avec mes petits chaussons pilou pilou… (rires) ça c’est parfait ! Quand je rentre en maison d’arrêt pour visiter mes clients, je reste une à deux heures… et à chaque fois je savoure le moment où je passe les grilles. C’est un bonheur de prendre une grande bouffée d’oxygène et de réaliser cette richesse inouïe de pouvoir monter dans ma voiture et d’être libre d’aller et venir.

L : Un souvenir de plaidoirie qui t’a particulièrement marqué ?

A : Il y en a beaucoup bien sûr, mais le souvenir le plus marquant c’est la première fois que j’ai plaidé aux assises… Quand on m’a lancé le fameux « maitre vous avez la parole », j’ai vécu un grand moment de solitude et vu des étoiles partout (rires). Heureusement on m’avait donné quelques conseils de préparation. Ainsi j’avais déjà écrit la phrase d’introduction et de conclusion. C’est vrai qu’à la fin de cette première fois, j’étais heureuse, très fière de moi… 5 minutes avant d’aller plaider, je me suis dit « qu’est ce que je fais là, pourquoi je me suis mis dans cette situation, je n’étais pas obligée ». Mais je ne pouvais pas laisser tomber mes clients évidemment. J’avoue que je pense encore la même chose à chaque fois que je plaide aux assises : ce « pourquoi je me suis mis là dedans, quel stress, quel enfer… ». Et paradoxalement, une fois que c’est fini, il y a comme un vide et on a vraiment envie d’y retourner.

L : Qu’est ce qui te fait vibrer en dehors de ton métier ?

A : Il y a une chose essentielle dans ma vie, c’est le sport. J’en ai besoin tous les jours pour décompresser, c’est indispensable. Et puis il y a mes amis… j’aime avoir une vie sociale assez intense, sortir…. justement pour échapper un peu à ce milieu sinistre et sombre. Avoir une vie en parallèle assez légère, cela me fait du bien… et parler de maquillage avec mes copines par exemple (rires).

L : Alors on va passer aux indispensables de ta valise… tu vas nous présenter tout ça 🙂

A : J’adore lire… En principe je lis plutôt des biographies. Mais le dernier que j’ai acheté c’est « Le pouvoir au féminin » de Elisabeth Badinter, j’adore cette femme. J’ai commencé les premières pages, elles sont assez prometteuses !  Il est certain que je pars avec cet été !

Je mets dans ma valise mes tongs Havainas dorées, car elles vont avec tout… Si vous ne devez en prendre qu’une paire, c’est celle-ci !

Bien sûr, je n’oublie pas mes petites lunettes : les aviators de Rayban, qui me suivent depuis plusieurs années.

Côté beauté, j’ai un seul produit qui m’est essentiel. C’est tout simplement un mascara que j’aime bien : le Sephora Outrageous Volume (pas très cher qui plus est). Pendant l’année je me maquille plutôt pas mal mais en vacances mon mascara me suffit.

Enfin, j’emporte avec moi un petit short en jean. En détente pour l’après midi ou le soir avec un beau petit top et le tour est joué !

***

Alexandra relaie toujours des infos qui valent le détour et donne de nombreuses interviews pour nous éclairer sur des sujets passionnants. Je vous invite à suivre son actualité, ça se passe sur son site Legadroit et sur sa page Facebook.

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Loren

Publié par Loren

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